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UN LIEU DE CREATION EN DANGER

Un lieu de création artistique en danger !

 C’est l’histoire d’une petite culture du Pays de Bray. C’est l’histoire d’un petit théâtre du Pays de Bray. 

C’est, aussi, l’histoire d’une petite Grange du XIX siècle. Sa raison d’être première n’existait plus. La ferme avait depuis longtemps cessée d’exister.

Et puis sont arrivés, ces poètes, ces amoureux d’arts et de théâtre, ces fous d’histoires à raconter aux autres. Du bâtiment en ruine, ils ont redressé la toiture,  réparé le sol, cassé les vieilles mangeoires et réveillé la grange de son silence poussiéreux. Au fil des ans, des spectacles, des aventures, des lectures, des chants, les travaux en parallèle ont avancé. Les bâtisseurs de rêves ont donné peu à peu vie…  à un théâtre. On s’y retrouve, on invente, on échange, on crée, on vit, on partage.

Et puis les hommes de l’ombre, du profit, des visions d’égo surdimensionné, de pouvoir, d’argent, sont apparus. ces hommes vont tout détruire. Détruire les haies, les arbres centenaires, détruire la paix qui entoure le petit théâtre. Bâtir des axes routiers pour convois exceptionnels, fermer le vieux passage à niveau pour gagner du temps et donc de l’argent avec des trains de fret. Les Hommes de l’ombre ne se soucient, ne se préoccupent que de leurs ambitions, et s’il faut pulvériser, et bien allons-y pulvérisons. Quelle importance ? Quelle rentabilité ? Quel pouvoir ?

Le petit monde de la vieille Grange n’aura pas sa voix, écrasé par les moteurs de 5 000 véhicules jours en début de montée de côte. … 5000 véhicules jours, tous les jours, le long du mur du petit théâtre qui n’a pas de fondation, qui est de briques bâtit.  

Comment pouvoir créer, jouer dans le bruit des moteurs des convois exceptionnels, dans une côte, en sortant d'un rond point, 5 000 fois par jour ?  La Grange est un lieu vivant. Une chose insaisissable mais chaleureuse vit là.  Elle se fait juste sentir au cœur des créations, comme un frôlement qui  ouvre les portes invisibles.  Ils vont tout détruire si on ne fait rien. Ils vont détruire. Avant-hier, ils sont venus faire des forages à quelques mètres du mur et ils sont revenus ce matin. Des carotages, à 3m à peine du mur protecteur de la Grange.

Voir mourir le théâtre est une déchirure sans nom. L’idée même est une brûlure d’acide.  Fermer  un lieu de création, même tout petit, même de ruralité, même… C’est impossible, n’est-ce pas ?

Théâtre, c’est à toi que je m’adresse, à toi et à ceux qui te servent, tous ceux qui te servent,  tous ceux qui t'aiment ici, ailleurs, partout :

Théâtre, aujourd’hui, n'ayons qu’un rêve : que tu vives.!

 

  

 Octobre 2017

Le soutien de François Bourcier et d'Emilie Génaédig dans la Grange et le spectacle RACE(S)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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